Faisant partie d’un petit groupe pour “discuter” autour de la loi “Création & Internet”, je me suis cru obligé d’écouter ce qui se disait et suivre l’actualité. J’ai donc “ingurgité” les arguments des uns et des autres, jusqu’à l’overdose. Je me suis dit qu’il était temps de revenir au fond des choses, faire taire tout le bruit autour d’un vrai sujet et essayer de repenser un peu le problème :
Quel est le problème ?
L’entrée dans l’économie de l’immatériel a créé une attente légitime de l’instantanéité et de l’accessibilité. Nous supportons de moins en moins les contraintes artificielles imposées pour protéger le confort financiers de quelques-uns, que ce soit dans la linéarité des programmes (le film de 20h30 à 20h45), la chronologie (le DVD après Canal Plus après le Cinéma), dans sa diversité ou dans sa qualité. (Quand je pense qu’il y a 15 jours, on pouvait encore acheter de la musique AVEC DRM et SANS QUALITE - encodée à 64 Kbps.)
Résultat, nous avons envie d’a-voir (du verbe posséder et voir) tout de suite, or l’offre qui nous est proposée n’est pas adaptée. C’est un peu comme si en 2009 on voulait nous vendre un Hummer alors que nous voulons une voiture qui nous donne un sentiment de responsabilité écologique. Lire la suite…
Le point de vue de Luc Besson dans Le Monde a pour seul mérite de synthétiser en un seul article, toutes les incompréhensions, les incohérences et la schizophrénie qui tournent autour du piratage et du coupable systématique : Internet.
Il est amusant de constater qu’à chaque fois que le législateur se met sur son chemin, on fait se mobiliser quelques artistes, quelques représentants de majors, jusqu’à Luc Besson lui-même. A chaque fois, on procède de la même façon, imparable, en affirmant une évidence que nous partageons tous, par exemple : le piratage, c’est mal.
Ensuite, l’émotion prend le pas sur la raison et la réflexion. La conclusion est sans appel : Internet permet le piratage, donc Internet c’est mal.
Ceci jusqu’à l’ultime : «Internet est un outil dangereux» de la ministre de la Famille.
Le sujet du droit d’auteur et de sa nécessaire mutation dans un univers devenant de plus en plus virtuel n’est pas nouveau et se résume parfaitement en la différence que fait Serge Soudoplatoff entre un bien physique qui se divise quand on le «distribue» et un bien numérique qui lui se multiplie. On aurait pu croire qu’avec l’erreur de la musique, nous avions suffisamment appris pour ne pas reproduire un scénario «Maginot», inutilement destructeur de valeur, mais il n’en est rien.
Une fois de plus, par aveuglement, par conservatisme, nous avons reculé pour mieux sauter et nous sommes les deux pieds dedans maintenant. Lire la suite…
Tribune libre de Jean-Michel Planche, fondateur d’Oléane (revendu en 2000 à France Telecom) et de Witbe, écrite dans la foulée de la cérémonie d’investiture de Barack Obama dans ses fonctions de 44e président des Etats-Unis.
Beaucoup pensent que la vague dite «2.0» a fait entrer l’Internet dans une nouvelle ère. Il n’en est absolument rien, tant la notion «collaborative» et «user centric» est inscrite dans les gènes initiales de l’Internet.
Par contre, hier, avec l’investiture de Barack Obama, nous avons assisté, sans bien nous en rendre compte, à une grande leçon, une leçon de maturité et d’usabilité. Pour la première fois, nous pouvions assister en direct à un événement majeur et avoir une expérience utilisateur supérieure à la télévision.
La partie n’était pas gagnée d’avance, quand on connaît les difficultés de ce genre d’exercice. En effet, une trop grande affluence met souvent à mal des infrastructures sous dimensionnées, d’ailleurs plus au niveau des plateformes de services et de la bande passante finale de l’Internaute, que de l’Internet lui même.
Ceci dit, compte tenu de la dimension de l’événement, il était légitime de craindre pour la santé des infrastructures essentielles.Lire la suite…